Agro650

Partageons l'atlantique et les fibres végétales


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Fait !
Une transat en solitaire, un nombre de milles assez conséquent, du vent fort, du vent absent, des rires, des larmes. Au final un mille après l’autre je suis arrivée en Guadeloupe.

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Pourquoi un tel défi ? Un jour, une amie m’a dit: « ton rêve, c’est mon pire cauchemar. » Parfois mon rêve pendant cette traversée a été mon pire cauchemar ! Des moments de peur et de souffrance, tous intacts dans ma mémoire.
Pourquoi fait-on cela ? Cette question je me la suis posée tous les jours. Il n’y a pas, je crois, de réponse absolue, mais des pistes: pour l’amour de vivre, le besoin de vivre intensément, des expériences fortes. Notre petite vie sur cette petite planète ne tient qu’à un fil et j’essaie de marcher sur ce fil de manière entière, fidèle à ce que je crois. Mes héros d’aujourd’hui et d’hier sont les marins du Vendée Globe, d’Isabelle Autissier à Titouan Lamazou. D’avoir fait cette traversée, je me rapproche un peu d’eux. C’est ma fierté, un sens de plus à ma vie. J’ai toutefois pu me rendre compte que le quotidien des héros est également fait de souffrances et de dilemmes. La tentation bien forte de s’arrêter en passant près des ports, mais heureusement, vite oubliée. Une petite voix intérieure me soufflait: « après ce qu’on t’a donné, l’énergie, l’argent, l’amour des gens qui te suivent? Non impossible, tu dois y arriver. » Et je continuais, et me surprenais des ressources que j’avais en moi !

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Et puis des moments de bonheur intense, un joli ciel de cumulus et le soleil qui se couche, des dauphins qui jouent avec l’étrave, le bateau qui avance tranquillement, avalant sereinement les miles. L’impression d’être un petit grain de poussière sur une immense planète bleue…. Sensation d’absolu et d’essentiel…Et enfin l’arrivée, catalyseur de toutes les émotions, les gens qui m’attendent au ponton et me félicitent, la reconnaissance et l’amour de mes pairs, sûrement un peu aussi ce que j’ai recherché par cette aventure !
Aujourd’hui, je remets les pieds sur terre, un doigt de pied après l’autre, il va falloir digérer et traduire l’expérience et se projeter dans la suivante !

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Et puis, surtout, surtout un grand MERCI! A tout ceux qui m’ont accompagnée et soutenue, chacun à son niveau tant financièrement qu’amicalement,  logistiquement,  moralement … Et j’en passe.

Je vais distiller au cours des semaines et mois qui viennent des petits récits et anecdotes, témoignages de cette transat. C’est surement la meilleure manière pour moi de partager ce vécu.

A bientôt!


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Bienvenue en Gwada !

Depuis quelques jours, Annabelle a débarqué à Pointe-à-Pitre, après une très belle course, et une arrivée bien fêtée !

L’horaire était presque rêvé : Agro650 a passé la ligne à minuit et demi, puis est arrivé au ponton à 1h du matin, samedi soir, au milieu de la fête. Tous les skippers déjà arrivés étaient là, tout le monde était heureux de l’accueillir, et de fêter sa place, puisqu’elle a réussi à être 9e, dans le Top 10, seule femme en prototype à terminer la course ! Un peu intimidée par tout ce monde au début, Annabelle a mis quelques secondes à descendre du bateau : « ça fait un mois que je suis dessus, j’ai du mal à le quitter » explique-t-elle… Une fois sur le ponton, elle reçoit de nombreuses félicitations et embrassades, avant de se faire jeter à l’eau par d’autres skippers : c’est la tradition, tout le monde y passe ! Un moment précieux, immortalisé en vidéo !

Une chose est sûre, notre abeille a marqué les esprits. Elle a fait une belle performance, en s’étant à peine entraîné, sur une Mini Transat pour le moins hors normes ! Cette année, arriver est déjà une victoire, alors atteindre la 9e place en est une d’autant plus belle ! Et Annabelle force l’admiration. « J’ai du mal à imaginer un si petit bout de femme sur ce bateau, au milieu de l’Atlantique », m’a-t-on dit. Comme quoi, l’habit est loin de faire le moine !

Depuis, c’est repos, un peu de balades, accueil des autres skippers, et préparation du bateau pour le cargo… On ne chôme pas !

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Contente d’être arrivée !!


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En attendant Agro (650)

Toute la famille est en Guadeloupe… Excepté Annabelle ! Mais on ne l’attend pas pour entamer le rhum…

DSCN1402On prépare l’arrivée d’Annabelle !

Préparer son arrivée aura été une sacrée organisation : prendre des billets d’avion, les modifier à cause du retard du départ, trouver un logement, une voiture, un restaurant pour fêter son arrivée… Heureusement que le soleil est là pour aider ! Malheureusement, décaler est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre, et je serai seule à l’accueillir…

Même en décalant, j’ai eu une petite frayeur. On pensait qu’elle arriverait le 5 ou le 6 décembre, puis ralentissement dans l’Atlantique : pas sûr qu’elle débarque à Pointe-à-Pitre si tôt que ça… Ouf, c’est bon, elle repart de plus belle : elle devrait arriver ce week-end ! Finalement, elle aura passé grosso modo 25 jours en mer. Ce n’est pas si long, après tout… Mais 25 jours sans la voir ni l’entendre, alors qu’elle est toute seule, et sachant qu’on n’aura des nouvelles que si quelque chose ne va pas… C’est interminable !

Alors j’ai fait ce que j’ai pu : regarder la cartographie à 8h01 tous les matins pour voir où elle en était, maudire l’absence de mise à jour entre 20h et 8h, scruter Twitter (#MiniTransat) à la moindre trace bizarre pour voir si elle avait un problème… De quoi se faire un ulcère ! Vivement qu’elle arrive !

On m’a demandé : « Pourquoi as-tu autant besoin d’aller en Guadeloupe ? Elle rentre en métropole juste après, non ? »

Le jour où la personne que tu aimes le plus au monde traverse l’Atlantique en solitaire, on en reparle ?


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Tout doucement…

Les premiers sont déjà arrivés en Guadeloupe depuis ce week-end. Mais la flotte s’est étalée et Annabelle n’est pas encore arrivée…

A la faveur d’une bulle d’air, les premiers se sont envolés. Alors que Benoît Marie a gagné la Mini Transat en arrivant dimanche, Annabelle est toujours à 860 milles (presque 1 600 km !) de Pointe-à-Pitre. Elle a aussi été rattrapée par les skippers qu’elle avait dépassés aux Canaries. Désormais à la 11e place, elle reste tout de même en milieu de peloton, à une soixantaine de milles du 8e !

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Une traversée bien longue, mais la Guadeloupe n’est plus très loin !

Elle a repris un peu de vitesse, mais devrait arriver au plus tôt en fin de week-end. De quoi faire trépigner d’impatience les personnes qui vont la retrouver à l’arrivée ! En tout cas, cette traversée de l’Atlantique n’aura pas été si facile que prévu. Les Alizés, vent en théorie bien stables, se sont montrés fort timides. La flotte est déjà passée par des zones sans vent… ce n’est pas de tout repos !

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Le vent se fait désirer dans l’Atlantique !


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Nouvelles fraîches

Pendant la Mini Transat, « Pas de nouvelle, bonne nouvelle », c’est le moins qu’on puisse dire. Annabelle n’a aucun moyen de contact à terre. Les seuls moyens de communication qu’elle a sont la VHF, une radio à portée d’environ 35 km, la BLU, qui lui permet de recevoir les instructions de course et la météo, et une balise de détresse, qui annonce qu’elle a un problème et donne sa position si elle la déclenche. Impossible donc d’avoir de ses nouvelles par son biais…

Il faut scruter la carte, le classement, la météo, et supposer, ou encore regarder (très) régulièrement le site internet de la Mini Transat et le fil Twitter #MiniTransat, en espérant avoir des nouvelles d’elle. De quoi se faire un ulcère… Résultat : depuis une semaine, la seule chose qu’il a été possible de savoir était qu’elle avait cassé son bout dehors (qui permet de porter le spi) dès le premier jour. Comme elle était repassée de la 24e à la 14e place, on pensait qu’elle avait réparé… Mais non ! La direction de course a eu de ses nouvelles à l’occasion de son passage au nord de Tenerife : elle a finit maintenant la réparation et espère profiter du spi sur la deuxième partie de sa transatlantique, mais a passé toute la descente jusqu’aux Canaries sans ! Elle a fait cette belle remontée, puis est arrivée en 11e place sans le spi : une magnifique performance ! Elle est même 7e maintenant, car contrairement à d’autres concurrents, elle ne s’est pas arrêtée à Lanzarote.

Annabelle TenerifeAnnabelle et Agro650 au nord de Tenerife, ce matin © Luc Coquelin

Elle a été vue ce matin par un bateau organisateur au nord de Tenerife, a pu les contacter, et elle a l’air de bien aller. Elle est très contente de son classement, et il y a de quoi !

« Pas de nouvelles, bonne nouvelle » : on s’y fait mais tout de même, c’est sympa de savoir que tout va bien !


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Cap à l’Ouest !

Voilà une semaine que la course est repartie. Annabelle est arrivée jusqu’aux Canaries, mais ne s’arrête pas pour escale technique à Puerto Calero : c’est que tout doit bien aller. Maintenant, elle fait cap plein ouest, direction la Guadeloupe !

La traversée jusqu’aux Canaries a été pour le moins sportive. Les alizés portugais ont régulièrement dépassé les 30 nœuds ! La première nuit, alors qu’elle était à la 14e place, Annabelle a cassé son bout dehors, qui lui permet de porter le spi, la plus grande voile du bateau. Heureusement, elle en a un de rechange à bord, qu’elle peut mettre en place moyennant une manipulation assez fastidieuse. Elle a du y arriver vite, puisque dans la journée de mercredi, elle est repassée de la 24e à la 14e place !

IMG_4190Un cargo comme Agro650 en a croisé le long des côtes portugaises

Les leaders de la course la distancent chaque jour un peu plus, sans grande surprise. Le rythme à suivre pour aller à leur vitesse est très dur, et Annabelle préfère s’assurer d’arriver à bon port. Elle n’hésite donc pas à aller un peu moins vite pour ménager son bateau et son énergie ! Mais comme elle a décidé de ne pas s’arrêter aux Canaries,  après avoir oscillé entre la 11e et la 12e place pendant plusieurs jours, elle est remontée en 7e ! Elle a désormais passé les Canaries, et le reste de la traversée devrait être plus facile : éloignée des côtes et du trafic, Annabelle est également moins proche des dangers. Le temps s’améliore, les Alizées sont des vents cléments et stables, et les températures remontent, puisqu’il fait actuellement une vingtaine de degrés à Lanzarote !

IMG_4176Les tropiques approchent, il fait de plus en plus chaud !


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Nouveau départ

Les minis sont partis ce matin de Sada, un mois jour pour jour après la date de départ prévue de Douarnenez. Cette fois-ci devrait être la bonne… Les coureurs partent directement pour la Guadeloupe ! Un départ toutefois un peu difficile.

Les dernières semaines ont été très dures pour Annabelle. Partir pour ensuite s’arrêter, convoyer le bateau dans 30 nœuds (55 km/h) jusqu’à Sada, attendre, encore… Le moral n’a pas toujours été au beau fixe ! Mais tous les mails de soutien, photos d’encouragement et messages rigolos lui ont remonté le sourire jusqu’aux oreilles ! Même en solitaire, même sans moyen de liaison à terre, elle est partie en sachant tout le soutien qu’elle avait à terre !

Départ Sada 2Départ de Sada, droit sur le Guadeloupe !

Pour cette première journée de course, Annabelle part donc sans se presser. De Cette fois-ci devrait être la bonne…  à 12h, elle est passée 24e sur 27 à 16h. Elle veut voyager loin, et ménage sa monture ! Elle se ménage également : les premiers bateaux sont attendus dès le 3 décembre à Pointe-à-Pitre, soit 3 semaines de courses, une moyenne d’environ 8 nœuds : « un rythme d’enfer ! » selon Annabelle ! Elle souhaite arriver, et ne prendra pas de risque, quitte à perdre en performance.

Tant mieux, on a envie qu’elle y arrive, en Guadeloupe !

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